Cestas : un géant photovoltaïque qui change tout ?

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Visuellement, la densité des panneaux de la plus puissante centrale photovoltaïque d'Europe, installée à Cestas (Gironde) près de Bordeaux par Neoen, est impressionnante.
Visuellement, la densité des panneaux de la plus puissante centrale photovoltaïque d'Europe, installée à Cestas (Gironde) près de Bordeaux par Neoen, est impressionnante. (Crédits : Gimball Prod.)
Le timing est parfait : en pleine COP21, la société française Neoen, Eiffage et Schneider Electric ont inauguré officiellement hier, à Cestas près de Bordeaux, la plus puissante centrale photovoltaïque d’Europe. Un géant qui fait évoluer le modèle économique du secteur.

Côté chiffres, l'installation donne le tournis. 360 millions d'euros investis, 260 hectares de surface occupée, 985.000 modules posés sur 16.544 tables elles-mêmes reposant sur 204.000 fondations vissées, et non bétonnées comme c'est le cas généralement. Des tables qui pèsent au total 33.000 tonnes, soit 100 Airbus A380, et qui sont reliées par 5.000 kilomètres de câbles. Le parc photovoltaïque de Cestas près de Bordeaux, inauguré hier à l'issue de 33 mois de chantier réalisé par le groupement d'entreprises (Eiffage, Schneifer Electric, Krinner France) qui ont mobilisé jusqu'à 250 personnes en même temps, est le plus puissant d'Europe. Sa capacité de production de 300 MW correspond au tiers de la production réalisée par une tranche de centrale nucléaire. Il faudrait entre 100 et 150 éoliennes pour espérer faire aussi bien et, comme ce parc, alimenter l'équivalent de 240.000 familles en électricité.

Economiquement plus compétitif que l'EPR

Côté visuel, le nouveau parc de Cestas donne aussi le vertige. Une impression qui tient aux caractéristiques purement techniques du projet  : le parc Constantin se déploie sur moins de 300 hectares, la densité des panneaux surprend donc. Elle permet aussi d'en faire un parc quatre fois plus puissant à l'hectare de panneaux installés que les parcs "classiques."
La technologie de ces panneaux, fabriqués en Chine, permet à la centrale de produire une énergie solaire moins chère que celle produite par l'EPR anglais, explique la direction de Neoen.
Dans les faits, Neoen, société française créée en 2008 et détenue par Impala SAS, Omnes Capital et Bpifrance, va pouvoir vendre l'énergie produite à 105 € le MWh.
Et si le MWh est vendu 50 € actuellement par les centrales nucléaires classiques, le prix obtenu par la centrale Constantin est moins élevé que celui qui sortira des nouveaux réacteurs EPR de "nouvelle génération" qui devrait se situer entre 110 et 120 € le MWh.

Cestas booste de +22 % la production nationale d'électricité solaire

En attendant, le raccordement de ce nouveau géant photovoltaïque réalisé par RTE, dans un temps record via deux lignes souterraines à 225.000 volts construites sur 1,6 km par des micro-tunneliers, a eu un impact immédiat.
Après une construction en plusieurs tranches sur l'emprise d'anciennes forêts de pins abîmées par la tempête de 2009, la délivrance de la puissance de l'installation a permis de faire bondir au 3e trimestre la capacité de production en France d'électricité d'origine solaire (+22 % par rapport à la période équivalente de 2014).
Une énergie d'origine solaire qui représente désormais 1,7 % de la consommation électrique nationale, contre 1,4 % un an auparavant...

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a écrit le 02/12/2015 à 22:07 :
"Sa capacité de production de 300 MW correspond au tiers de la production réalisée par une tranche de centrale nucléaire".

Faux ! Belle propagande financière. Pour une production annuelle équivalente, 300MW de photovoltaïque c'est environ 300/8=40 MW d'une production continue non intermittente. C'est donc le 25ième d'une tranche nucléaire, et pas le tiers !

Et oui, Pascal Rabiller, faut arrêter de prendre les français pour des imbécilles. les 300MW, c'est une puissance "crête". Atteinte uniquement à 14h l'été s'il fait beau !
Réponse de le 25/04/2016 à 16:07 :
"Sa capacité de production de 300 MW correspond au tiers de la production réalisée par une tranche de centrale nucléaire".

"Au tiers de la puissance d'une centrale nucléaire" aurait effectivement été plus juste. Après il suffirait d'en installer 25 pour produire autant qu'un réacteur nucléaire, c'est déjà pas mal! Et 25 * 260 hectare ça fait 65 km2 soit 0.7% de la surface d'une département comme les landes, 1,5 % de la surface d'un département pour remplacer Golfech et ses 2 réacteurs nuc, je vote pour!
a écrit le 02/12/2015 à 16:36 :
Il me semble qu'il y a une erreur dans les unités : il ne s'agit pas de MW/h (qui n'existe pas), mais une énergie en MW x h.
Le stagiaire pourrait-il rectifier cette erreur ?
a écrit le 02/12/2015 à 14:51 :
Ça va faire bondir la CSPE, tout ça ! J'imagine pas la somme en bas de facture quand on sera à 50% de photovoltaïque en France (et 50% d'éolien), il est urgent de répartir sur les carburants et le gaz, ça se verra moins.
a écrit le 02/12/2015 à 14:44 :
Quand un journaliste écrit MW/h au lieu de MWh, qu'il confond allègrement puissance installée et énergie fournie, qu'il ne parle pas de facteur de charge et de la durée de vie de l'installation pour comparer des coûts d'investissement, ça sent le travail plus que bâclé. Je pensais pourtant que la Tribune était un journal sérieux ... Dommage !
a écrit le 02/12/2015 à 14:43 :
C'est de la folie cette destruction du paysage de la flore et de la faune !!!

Il faut interdire de recouvrir les terres de cet immense machin !!
Ok au dessus des toit et parkings mais pas dans les champs !

Les écolos sont fous.
Réponse de le 03/12/2015 à 20:20 :
"Les écolos sont fous. "
ouahh .... qu'elle analyse ...
a écrit le 02/12/2015 à 14:33 :
Ca va éclairer ma maison la nuit à Bordeaux!
Ah non ? Ah bon...
a écrit le 02/12/2015 à 14:32 :
Et en hiver, ou la nuit, quand le soleil ne brille pas, on fait quoi ?
a écrit le 02/12/2015 à 13:53 :
Bah quoi les râleurs: entre un EPR ou trois parcs comme ça près de chez vous, vous préférez quoi?
a écrit le 02/12/2015 à 13:04 :
combien d'arbres abattus?panneaux chinois:empreinte carbone pour leur fabrication et leur transport.on les recycle comment?finalement une belle réussite...
Réponse de le 04/12/2015 à 22:15 :
Les panneaux se recycle, voir pvcycle.org, il suffit de les amener à un point de collecte, points qui se développent.
et la durée de vie des panneaux est garanties, et sur de telles installations, les parties prenantes ont des garanties, que ce soit via des assurances ou auprès des banques du fournisseurs, ils ne sont pas fous !
par contre c'est vrai que utiliser de la surface agricole pour ça, quel dommage, ça coute un peu plus cher à la pose mais ça serait tellement mieux en ombriere de parking de gde surface ou sur des toitures terrasses
a écrit le 02/12/2015 à 12:55 :
Quel gâchis pour l'environnement !!!!! On est dans l'idéologie et les subventions publiques comme avec les éoliennes scandaleuses pour ceux qui connaissent les dessous du dossier. Les socialistes veulent se verdir, c'est bon pour les sondages.
Réponse de le 04/12/2015 à 22:21 :
attention à l'amalgame entre le système et la prise de décision. S'il y a corruption de personnes locales (qq soit le parti), ce n'est pas du fait des éoliennes. Quant aux subventions, elles vont en baissant avec la maturité de la technologie, sans subvention le nucléaire n'aurait pas vu le jour. Et au moins l'éolien quant on le démonte, on n'a pas de déchets à gérer pendant des milliers d'années...et ça ça va couter cher !

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