Maintenance Falcon à Mérignac : Dassault explique son choix

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Éric Trappier a justifié, ce matin, l'implantation du nouveau centre de maintenance Falcon à Mérignac, mais il a aussi souligné les handicaps concurrentiels que représentent les charges et le manque de flexibilité de l'emploi en France
Éric Trappier a justifié, ce matin, l'implantation du nouveau centre de maintenance Falcon à Mérignac, mais il a aussi souligné les handicaps concurrentiels que représentent les charges et le manque de flexibilité de l'emploi en France (Crédits : Pascal Rabiller)
La maintenance des Falcon, jusque-là réalisée en France, uniquement au Bourget, fait l’objet, de la part de l’avionneur Dassault, d’une extension et d’un investissement massif à Mérignac (Gironde). La nouvelle usine a commencé à sortir de terre ce matin, elle sera livrée en octobre 2016 après 20 M€ d’investissement. Un investissement qui consacre tout l’écosystème aéronautique de l’Aquitaine.

Le site Dassault, qui emploie déjà 1.700 compagnons et ingénieurs à Mérignac et s'étend en bordure de piste de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, va s'enrichir d'une nouvelle usine sur une surface de 7.200 m2.

Dans douze mois, sur un terrain en friche qui appartenait à Sabena Technics, société de maintenance avec laquelle Dassault, entretient des partenariats, va accueillir une unité industrielle dédiée à la maintenance des Falcon 7X, dans un premier temps, puis 8X et 5X  dans les 10 ans qui viennent.

Cette infrastructure de Dassault Falcon Service (DFS,) filiale de Dassault dont la direction générale est assurée par Jean Kayanakis, s'ajoute à celle du siège social, située au Bourget.

A ce jour, DFS qui emploi 580 personnes et réalise 155 M€ de chiffre d'affaires annuel, compte 4 centres de maintenance de Falcon aux USA, en plus de son site français.

Une présence forte aux USA, principalement en Arkansas (à Little Rock) qui permettait à Eric Trappier ce matin, au moment de poser la première pierre (en présence d'Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, d'Alain Rousset, président de Région, Alain Anziani, sénateur-maire de Mérignac, Marie Récalde, députée membre de la commission de la Défense et adjointe au maire de Mérignac, et le préfet de Région Pierre Dartout), de rappeler qu'investir en France n'est pas un acte anodin...

70 salariés à DFS Mérignac dès 2018

"Au regard des différences de taxes, de coûts horaires et de charge que nous constatons notamment entre nos sites français et notre site situé dans l'Arkansas, et le manque de flexibilité dans notre pays, embaucher en France reste un pari sur l'avenir", soulignait le PDG de Dassault.

"Nous devons redoubler d'efforts pour rester compétitifs par rapport à Gulfstream, notre principal concurrent américain dans les avions d'affaires. Nous investissons massivement pour gagner en compétitivité mais cela ne suffit pas. En définitive c'est parce que notre activité est duale, à la fois civile et militaire, que nous pouvons optimiser nos cycles et coûts et, comme nos sous-traitants, maintenir les emplois sur le territoire national", insistait Eric Trappier.

Avant de préciser tout de même :

"Si j'ai pris la décision que DSF vienne s'agrandir ici, en Aquitaine, c'est pour deux raisons majeures. La proximité avec notre usine de Mérignac qui lui permettra de tirer le meilleur parti de l'expérience Falcon accumulée ici. Ensuite parce qu'en Aquitaine, un véritable écosystème, nous avons trouvé les partenaires administratifs et politiques qui nous ont apporté un soutien sans faille."

Dassault Falcon Service

A terme (2018), le site DFS de Mérignac comptera 70 salariés.

Hommage appuyé à Aérocampus et potentiel d'extension

Saluant au passage les capacités en termes de formations aux métiers de l'aéronautique en général et à la maintenance en particulier de l'Aérocampus de Latresne, près de Bordeaux, qu'il qualifiait même de "magnifique pépinière d'apprentissage", Eric Trappier a rappelé qu'au moment de sa livraison ce site girondin de DFS emploierait quelques dizaines de salariés mais qu'au regard de la montée en charge de la maintenance des Falcon 7X qui sont 250 en activité actuellement, le site comptera 70 salariés dès 2018.

"Nous sommes là pour longtemps, et nous avons de la place autour de ce futur hangar. En cas de succès des 5X et 8X, nous n'excluons pas de faire grossir le site. C'est même notre espoir", confiait le PDG à La Tribune.

Succès en Rafale = des milliers de créations d'emplois à venir

Un patron qui évoque également, en marge de l'activité maintenance, la création de plusieurs milliers d'emplois liés à l'activité Rafale dans les années qui viennent.

"Les contrats décrochés récemment nous obligent à une montée en cadence, ici même à Mérignac. Nous passons d'une cadence 1 à cadence 3 (3 Rafale par mois produits). Les contrats export que nous espérons signer d'ici la fin de l'année, pour l'Inde, ou dans les mois qui viennent auprès de nouveaux prospects, impliqueront des milliers d'emplois supplémentaires chez nous et nos partenaires, sous-traitants. Cela va profiter à Dassault et à ces partenaires partout où nous sommes installés, et donc ici aussi, en Aquitaine où nous sommes très présents."

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