Sommet économique du Grand Sud : le pari de l'international

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La deuxième session était consacrée à l'international.
La deuxième session était consacrée à l'international. (Crédits : Appa)
La session 2 du Sommet économique du Grand Sud était consacrée à l’international, deuxième des quatre “i” au centre des débats, après les échanges consacrés à l’innovation et avant les rendez-vous des infrastructures puis des idées citoyennes.

"Se tourner vers les marchés extérieurs, un pari risqué ou un pari gagnant ?" c'était la question à laquelle étaient invités à répondre les intervenants de cette deuxième session du Sommet économique du Grand Sud consacrée à l'international : Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé animale ; Julien Parrou, PDG de ConcoursMania ; Jean-François Fountaine, cofondateur de Fountaine-Pajot, maire de La Rochelle et président de la Communauté d'agglomération de La Rochelle ; Benoit Droulin, cofondateur et président d'Azendoo ;  Roland Guezennec, directeur général de St Dalfour ; Michel Prugue, président du groupe coopératif Maïsadour.

A la question posée en ouverture des débats par Pascal Rabiller, rédacteur en chef adjoint de La Tribune - Objectif Aquitaine, Jean-François Fountaine rappelait que Fountaine-Pajot, sur un marché mondial, exporte depuis le premier jour de sa création partout dans le monde et réalise 60 à 70 % de son CA à l'export : "Les goûts des pratiquants se sont mondialisés, les modes se sont généralisées, on essaie bien sûr de standardiser les produits le plus possible, mais les manières d'aborder le marché sont très différentes." Pour Jean-François Fountaine l'enjeu aujourd'hui est de "tirer vers nous une part de la croissance internationale", qu'il s'exprime en temps qu'ancien dirigeant de Foutaine-Pajot ou de maire de La Rochelle.

Champion de l'export, Roland Guezennec, directeur général de St Dalfour, rappelait que son entreprise ne réalise que 0,2 % de son chiffre d'affaires en France. Ses confitures haut de gamme, 100 % fruits, s'exportent aujourd'hui pour un CA de 45 M€ dans 80 pays du monde, sur un "segment premium" : 10 % en Amérique du Nord, 7,5 % en Amérique du Sud, 18 % en Asie, 13 % en Océanie, 40 % en Europe et 10 % au Moyen-Orient. Parce que le sucre de cette confiture 100 % fruits a été remplacé par du moût concentré de raisin, elle ne peut se prévaloir du nom de "confiture" en France, pays où une confiture sans sucre comme le font nos grands-mères n'est pas une confiture. Ce qui explique qu'elle soit allée trouver son succès à l'international. Pour l'entreprise, l'origine France est un atout indéniable : "C'est très valorisé dans le monde, un gage de sécurité et de traçabilité." Autre atout inattendu : le retour vers la Chine des containers qui repartent après avoir livré en Europe les produits manufacturés chinois : "Acheminer nos produits de Fos-sur-Mer à Shanghai nous coûte moins cher que la route de chez nous (à Marmande, NDLR) jusqu'à Fos-sur-Mer."

Ce que confirme Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé animale, qui réalise 90 % de ses 800 M€ de chiffre d'affaires à l'export : "Les containers qui repartent vers la Chine ne nous coûtent quasiment rien donc on peut investir ici (18 M€ ont été investis récemment à Libourne, NDLR). Mais il faut aussi s'implanter localement, estime-t-il, en rappelant que "l'Asie concentrera demain 60 % de la population mondiale".

"Un maximum de risque, un maximum de précaution"

Le PDG de Ceva Santé animale (3.500 collaborateurs dans le monde, dont 700 personnes à Libourne), qui rappelle que 10 % du CA est consacré à la R&D, espère retrouver dans les cinq ans le peloton de tête des cinq premiers mondiaux (8e aujourd'hui). Pour Marc Prikazsky, l'accès à l'international est essentiel pour passer du statut de PME à celui d'ETI (Entreprise de taille intermédiaire), "en terme de développement, de gestion du risque, pour voir ce qui se passe ailleurs, repenser la stratégie de la société, regarder si l'organisation de l'entreprise est capable d'intégrer des cultures et un savoir-faire différents". Pour lui, l'international est bien sûr un risque : "Si on prend un distributeur, on perd la maîtrise de son produit, l'idéal c'est d'avoir une filiale. Notre modèle, c'est d'acheter des sociétés et là, la question est celle du financement."

"Entreprendre, c'est prendre un maximum de risque avec un maximum de précaution", a expliqué Julien Parrou, PDG de ConcoursMania qui, avec 100 collaborateurs, réalise un CA de 20 M€ en France, en Europe de l'Ouest et en Amérique latine : "Nous avons développé l'entreprise depuis Bordeaux, mais nous intégrons des personnes natives des pays dans lesquels on se déploie." L'entreprise regarde le degré de pénétration du e-commerce avant de songer à s'implanter dans un pays : "Plus le pays est développé dans le e-commerce, plus on a de chances de s'implanter. On privilégie donc les pays matures sur ce plan."

Michel Prugue, président du groupe coopératif Maïsadour (5.700 personnes, 17 % du CA à l'export), rappelait que 80 % du CA export se fait depuis la France, les 20 % restant directement à l'étranger. L'entreprise réalise 1,6 Md€ de CA mais cela se limite "seulement à 200 à 300 M€ si l'on regarde les chiffres par branche d'activité. Donc le groupe a mis au point des cellules dédiées à l'export pour trouver des solutions communes."

Benoit Droulin, cofondateur et président d'Azendoo, a témoigné de l'activité internationale de son entreprise qui, avec 300.000 utilisateurs dans 160 pays de sa solution de travail collaboratif, réalise un tiers de son CA en France, un tiers aux Etats-Unis, un tiers dans le reste du monde. L'entreprise toute jeune a déjà une activité globale, intrinsèque à son  activité, qui pourrait bien ringardiser l'e-mail.
La matinée a été clôturée par Jean-François Macaire, président du Conseil régional Poitou-Charentes, et par Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, intervenant au nom d'Alain Juppé qui n'avait pu se libérer. Elle a insisté sur la "simplification du mille-feuilles", affirmant que des services municipaux et communautaires seraient appelés à fusionner. Elle a appelé à une dépense publique maîtrisée en matière d'infrastructures, pour qui il convient d'être "pratique et cohérent".

Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux

Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'Economie, de l'Emploi et de la Croissance durable (photo Agence Appa)

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