L’innovation vedette de l’ouverture du Sommet du Grand Sud

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La première table ronde du Sommet économique du Grand Sud était consacrée à l'innovation.
La première table ronde du Sommet économique du Grand Sud était consacrée à l'innovation. (Crédits : Appa)
Le début de la 5e édition du Sommet économique du Grand Sud a permis de se pencher sur le premier des quatre i inscrits à cette journée, celui d’innovation. Mais avant cela, trois grandes voix ont lancé la manifestation : Alain Rousset, Jean-Christophe Tortora et Marie-Claire Capobianco.

Alain Rousset, président (PS) du Conseil régional d'Aquitaine a ouvert, ce mardi matin, au Palais de la Bourse, à Bordeaux, la 5e édition du Sommet Economique du Grand Sud. "Je salue le patron de La Tribune et La Tribune - Objectif Aquitaine et ses initiatives, à Bordeaux, à Toulouse, y compris la façon dont il a structuré son groupe" a commencé Alain Rousset. Revenant sur les 4 "i" thématiques de la journée (innovation, international, infrastructures, idées citoyennes), Alain Rousset, qui n'a pas manqué d'évoquer le glissement d'un Grand Sud vers un Grand Sud-Ouest, avec la prochaine création de la grande région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, s'est livré à un rappel de sa ligne politique régionale, où le développement de l'innovation joue un rôle clé. Il a ainsi évoqué "l'économie de cueillette" qui, selon lui, caractérisait auparavant l'Aquitaine. Prenant l'exemple du pin, première essence du massif forestier des Landes de Gascogne, Alain Rousset a souligné qu'il fallait aller au-delà de la production de pâte à papier, en passant par la cellulose pour produire une partie au moins du butadiène recherché par les fabricants de pneus et en premier lieu Michelin.


La maintenance dans la chaîne de valeur


Concernant l'industrie aéronautique militaire, "cachée dans les pins", il a rappelé son souci de promouvoir des activités duales, intégrant le volet civil, et l'importance stratégique de la maintenance, qui représente les deux tiers du coût de revient d'un avion au cours de sa vie. La Région est à l'origine de la création de l'Aérocampus, à Latresne (33), et Alain Rousset a souligné que former des techniciens à la maintenance était un bon moyen de rentrer dans la chaîne de valeur du Rafale, assemblé à Mérignac. Il fallait sortir la Région de la construction de ronds-points et de salles des fêtes et Alain Rousset a rappelé de quelle façon il avait négocié cette sortie : en consacrant 10 % du budget régional au soutien de l'innovation. Une stratégie qu'il n'a pas caché être prêt à étendre à la future grande région s'il en est élu président... En conclusion, Alain Rousset est revenu sur "les trois grandes aventures humaines" dans lesquelles s'est engagée la Région : "le cerveau, la santé, avec le Neurocampus, et l'espace". La troisième, c'est celle de l'océan : une aventure en devenir où l'Aquitaine n'est pas encore engagée mais à laquelle Alain Rousset pense de plus en plus. Nouveaux médicaments, nouvelles ressources halieutiques... les perspectives de cet espace qui couvre 70 % de la planète sont énormes et Alain Rousset compte bien s'y investir, y compris à l'échelle de la grande région...


I comme immortalité


Lors de son intervention, Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune et La Tribune - Objectif Aquitaine, a rappelé que quand le Sommet du Grand Sud a été créé, il y a cinq ans à Toulouse, en alternance avec Bordeaux et Montpellier, Alain Rousset était déjà élu. "Le gouvernement a décidé de créer un Grand Sud-Ouest en articulation avec Poitou-Charentes et Limousin, et ces deux régions sont au cœur de cette journée", a précisé Jean-Christophe Tortora. Revenant sur les 4 i notre éditeur a souligné, après avoir évoqué l'importance des idées citoyennes, au travers des récents événements politiques survenus en Espagne, avant d'attribuer "un cinquième i à cette journée, celui d'incroyable à Laurent Alexandre : un homme assez exceptionnel spécialiste de la techno-médecine, qui va traiter d'un sujet tabou, celui de l'immortalité". Avant de terminer, notre éditeur a tenu à rajouter un sixième i, "le i d'indéfectible, pour marquer l'attachement de notre groupe à l'Aquitaine".

2 million de visiteurs uniques

Un attachement qui n'est pas feint puisque, comme l'a rappelé Jean-Christophe Tortora, sa décision de racheter le titre Objectif Aquitaine, à Bordeaux, avait fait bondir l'un de ses actionnaires parisiens. "Rester uniquement à Paris ce n'est pas ma stratégie, car je suis convaincu que l'avenir passe par les régions et les métropoles et par ce bureau de Bordeaux, que j'affectionne. Les Aquitains ne se sont pas trompés sur notre démarche, a noté Jean-Christophe Tortora, puisqu'un an après sa création, le nouveau site La Tribune Objectif Aquitaine totalise 2 millions de visiteurs uniques et 4 millions de pages vues. Les entreprises, a-t-il poursuivi, ont bien compris l'intérêt de cette offre connectée. Dès septembre, nous créerons des correspondances à Poitiers, La Rochelle et Limoges, pour coller à cette future région XXL".


BNP Paribas, 10 Md€ par an


Partenaire historique de notre titre et de la manifestation, BNP Paribas était représenté par Marie-Claire Capobianco, directeur du réseau France et membre du comité exécutif du groupe. "Les 4 i sont des vecteurs de croissance", a-t-elle relevé, soulignant que l'Aquitaine était une terre riche d'expériences, avec un réseau dense de startups et une volonté régionale. Elle a expliqué que BNP Paribas injecte chaque année 10 Md€ en France, avec des déclinaisons régionales, pour soutenir la croissance économique via l'innovation. Disposant d'équipes spécialisées et d'une organisation avec des pôles d'innovation, pour être au cœur des écosystèmes, Marie-Claire Capobianco a rappelé que BNP Paribas intervenait dans ce domaine en Aquitaine, dans l'amorçage, avec ACI, ou avec la French Tech. Ce qui était aussi une très bonne manière d'introduire la première table ronde de la journée, consacrée justement, au i d'innovation, avec l'intitulé suivant : "Comment les technologies de demain vont changer nos vies et nos business ?".


Réalité virtuelle


En plus de Marie-Claire Capobianco, sept autres intervenants étaient au rendez-vous : Marco Calcamuggi, fondateur et directeur général de R&Drone, également président du cluster Aquitaine Robotics ; Pierre Calleja, fondateur et PDG de Fermentalg, spécialisée dans la culture de micro-algues ; Christophe Chartier, fondateur et dirigeant d'Immersion, qui développe la réalité virtuelle ; Jean-Pierre Giannini, directeur du site du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), du Barp ; Jean-Georges Micol, directeur général d'Aquitaine Développement Innovation (ADI), agence régionale d'appui à l'innovation et au développement économique ; Trang Pham, directrice du développement régional de Thales en Aquitaine, et Xavier Litrico, directeur du Lyre, centre de recherche et développement de Suez Environnement, installé à l'Université de Bordeaux. Christophe Chartier a rappelé qu'Immersion (42 salariés), à Bordeaux, lancé depuis une vingtaine d'années dans une technologie de rupture axée sur la réalité virtuelle, dispose aujourd'hui de plus de 300 installations dans des entreprises industrielles.


55.000 m2 à Mérignac


L'excellence développée par cette PME lui permet de travailler avec des groupes comme PSA, Airbus ou Renault, en particulier en faisant entrer ses clients dans les maquettes virtuelles à échelle 1 de leur future machine. Immersion travaille aussi avec Thales, grand spécialiste de l'avionique. Et Trang Pham a confirmé que la PME bordelaise, qui a développé une table de réunion interactive très enrichie, avait suscité l'intérêt de Thales. Le groupe français va regrouper ses équipes girondines dans un nouveau site de 55.000 m2, à Mérignac. "Le nouveau site sera un écrin pour soutenir nos ingénieurs. On parlait beaucoup de technologie mais nous avons beaucoup réfléchi au travail collaboratif, et en facilitant les interconnexions Immersion s'intègre dans cette démarche", a observé Trang Pham. Marco Calcamuggi a de son côté expliqué que le cluster Robotics compte 53 adhérents (entreprises, laboratoires) et qu'il a une approche protéiforme, lié à la nécessité qu'il y a d'avoir des systèmes capables de s'adapter à toute forme de contrainte. Jean-Pierre Giannini a relevé que la création du laser mégajoule, qui permet de simuler grâce à des faisceaux laser les explosions des armes atomiques, représentait un investissement de 3 Md€.


Des micro-algues très précieuses


La technologie de pointe du laser mégajoule fait appel à l'optique et Jean-Pierre Calamuggi a souligné que des transferts de technologie avaient été notamment réalisés dans les polissages optiques. Pierre Calleja, impliqué dans la biotechnologie a déposé de nombreux brevets qui portent sur la culture des micro-algues. Des êtres unicellulaires à cheval sur le règne animal et végétal. Si elles peuvent être utilisées en tant que carburant, les micro-algues sont "très précieuses" comme l'a souligné Pierre Calleja, parce qu'elles peuvent contenir jusqu'à 60 % d'huile, un acide gras polyinsaturé qui compose jusqu'à 17 % du cerveau... Le Lyre fait de la recherche sur l'eau potable, sur les milieux naturels qui reçoivent les eaux usées mais aussi sur les applications qui permettent d'améliorer le quotidien, comme les compteurs connectés, capables de détecter les fuites. L'innovation c'est souvent fait pour les autres, "on est un peu schizophrène sur le sujet" si l'on en croit un spécialiste comme Jean-Georges Micol, qui a souligné que l'innovation bouleversait rapidement des pans entiers de la vie, de l'espérance de vie à la mobilité. Marie-Claire Capobianco n'a pas manqué de relever que BNP Paribas "collecte et gère 135 Md€ par an, qui sont réinjectés en totalité sous forme de crédits en France", insistant sur le fait que sa banque est très impliquée dans la coopération entre entreprises de taille intermédiaires (ETI) et les startups.

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