L’industrie alimentaire, qui propose 57.000 postes cette année, peine à recruter

 |   |  766  mots
Jacques Rassat, président de l'Association Ifria France, et Serge Hincker, président du Réseau des Ifria de France, signent la convention qui doit permettre entre autres de favoriser l'emploi et la formation dans l'industrie alimentaire.
Jacques Rassat, président de l'Association Ifria France, et Serge Hincker, président du Réseau des Ifria de France, signent la convention qui doit permettre entre autres de favoriser l'emploi et la formation dans l'industrie alimentaire. (Crédits : Appa)
Les associations régionales des industries alimentaires (Aria) et Institut régionaux de formation du secteur (Ifria) sont réunies jusqu’à ce soir à Bordeaux pour leurs rencontres annuelles. Au programme notamment : l’emploi, dans une filière qui annonce plus de 57.000 projets de recrutement cette année, dont 37,5 % sont jugés difficiles.

57.018 projets de recrutement de l'industrie agroalimentaire en 2017 en France : c'est le chiffre qui ressort de la dernière Enquête BMO (Besoin en main d'œuvre) de Pôle emploi. Ces postes concernent 50,5 % de saisonniers. 1/3 ne trouveraient pas preneurs ou seraient difficiles à pourvoir par manque d'adéquation entre le profil des candidats et les critères recherchés. Promouvoir la formation professionnelle initiale ou continue devient donc un enjeu essentiel pour cette filière qui crée des emplois depuis 3 ans : 1.953 en 2014, 4.548 en 2015, 4.333 en 2016 (source Acoss).

En France, l'industrie agroalimentaire compte 17.647 entreprises dont 98 % de TPE (77 %) et de PME (21 %), soit 427.0213 emplois pour un chiffre d'affaires 172 Md€ de CA (170 Md€ en 2015), selon les données publiées par l'Ania (Association nationale des industries alimentaires) en début d'année. Mais par manque de ressources  et de compétences, certaines ont désormais du mal à honorer leurs carnets de commandes ou sont freinés dans leur développement.

C'est ce qui a amené le réseau des Aria et l'association Ifria France (Institut régional de formation des industries alimentaires) à signer, à l'occasion de leur rencontre annuelle qui se tient jusqu'à ce soir à Bordeaux, une convention en faveur de l'emploi, la formation et l'orientation. Elle s'articule autour de 5 axes : renforcer les échanges pour un meilleur maillage territorial (exemple : référent unique Aria/Ifria pour chaque entreprise de l'agroalimentaire) ; mutualiser des moyens pour une plus grande efficience (organisation des AG au sein d'un unique Congrès annuel de l'industrie agroalimentaire régionale) ; collaborer dans le respect de leurs champs d'intervention respectifs ; porter des projets communs au regard des besoins des entreprises ; enfin œuvrer auprès des parties prenantes de l'emploi, de la formation et de l'orientation.

1er employeur industriel en France

"Ce secteur est le 1er employeur industriel en France, avec près de 430.000 salariés, des métiers multiples, des qualifications très diverses, rappelle Serge Hincker, président du Réseau des Aria de France. Notre vocation est d'aider les TPE/PME à grandir, se développer et donc recruter, mais il faut du personnel qualifié. Nous voulons apporter des réponses très concrètes sur les territoires. Cette convention répond à cela."

Ce qui explique ces difficultés de recrutement : des jeunes moins attirés par l'industrie, un secteur de l'agroalimentaire méconnu, les besoins de entreprises qui évoluent et des formations qui ne sont plus totalement adaptées aux besoins, enfin la localisation de ces entreprises souvent installées en milieu rural.

"Nous voulons des résultats, cela exige une démarche très opérationnelle : le dirigeant sait ce dont il a besoin mais il lui faut des solutions clé en main. D'où l'intérêt de travailler ensemble avec les Aria qui connaissent très bien leur tissu économique comme ses compétences, et avec l'Ifria, experte en formation."

6.012 projets de recrutement en Nouvelle-Aquitaine

Quelques initiatives ont déjà été lancées dans la région pour promouvoir l'emploi dans les industries agroalimentaires. A l'occasion de Bordeaux So Good par exemple, l'Ifria et l'Ardia faisaient la promotion des produits Signé Aquitaine et des métiers, des entreprises qui les fabriquent, quizz et animations à l'appui. Objectif : démontrer que l'agroalimentaire propose des métiers identiques et valorisants comme toutes les autres industries, de la production au marketing, en passant par la gestion et la logistique.... Plus récemment, à l'occasion de la Foire internationale de Bordeaux, l'Ania a organisé une matinée job dating autour d'entreprises comme Avril, Caviar Sturia, Cemoi, Fleury Michon, ou Lactalis.

"Il y a une spécificité de l'agroalimentaire : c'est un problème d'attractivité de la filière, pourtant prégnante au niveau économique et industriel en France : la Nouvelle-Aquitaine est par exemple la 1re région agricole européenne en volume et la 1re région agroalimentaire en valeur, rappelle Laurent Dulau, président de l'Aria Nouvelle-Aquitaine. Mais nous avons de vraies difficultés pour trouver des collaborateurs car les entreprises sont souvent installées dans des zones péri-urbaines ou rurales. Il fait souvent froid sur lieux de travail, les emplois sont pour beaucoup des postes d'ouvriers, même si nous avons des ouvriers spécialisés, les salaires sont limités donc le secteur est peu attractif alors qu'il offre des opportunités incroyables pour l'emploi et les jeunes qui sortent de l'emploi. Les contrats en alternance sont des voies royales pour recruter des collaborateurs : l'entreprise a le temps d'évaluer leur compétence, leur engagement, et cela débouche en général sur un poste pérenne."

En Nouvelle-Aquitaine, la filière annoncé  6.012 projets de recrutement pour 2017.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/06/2017 à 12:00 :
Je fais une proposition : que les chefs d'entreprises aillent à la rencontre des collégiens et des lycéens...et des enseignants en allant présenter leurs activités, métiers et emplois en sein même des établissements .
Une fois cette première démarche réalisée organiser des visites d'unités de production ( ne pas dire usine!!) , d'ateliers de transformation .
Associer professionnels et enseignants toutes matières confondues à l'élaboration de formations adaptées .

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :