Tous les canards bientôt abattus dans les Landes

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Les autorités ont décidé d'abattre tous les canards encore vivants dans les Landes, soit au total 600.000 palmipèdes.
Les autorités ont décidé d'abattre tous les canards encore vivants dans les Landes, soit au total 600.000 palmipèdes. (Crédits : Ministère Agriculture)
Tous les canards encore vivants dans les Landes vont être abattus, soit au total 600.000 palmipèdes. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est en visite dans le département aujourd’hui pour l’annoncer officiellement. Cette décision était attendue par beaucoup de professionnels de la filière avicole pour éradiquer le virus de la grippe aviaire et envisager ensuite un redémarrage des élevages.

Les 600.000 canards encore vivants dans les Landes vont être abattus pour tenter d'éradiquer l'épidémie de grippe aviaire. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, l'annoncera officiellement cet après-midi à Mont-de-Marsan, préfecture des Landes. Ce département, premier producteur national de foie gras, est le plus touché par l'influenza aviaire H5N8. Selon les derniers chiffres du ministère de l'Agriculture, 151 foyers ont été détectés dans les Landes sur un peu plus de 300 en France. Le Gers est également fortement touché avec 94 cas.

Stéphane Le Foll ce matin sur France Bleu :

Alors qu'aucun vaccin n'est disponible, cette mesure radicale rejetée par la Condéfération paysanne était toutefois attendue par la FDSEA, le Cifog (comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) ou encore le président du Conseil départemental des Landes Henri Emmanuelli. Beaucoup de professionnels de la filière avicole réclamaient en effet un dépeuplement total des élevages suivi d'un vide sanitaire. Henri Emmanuelli déclarait ainsi le 13 février dernier :

"Au point où nous en sommes arrivés, il vaudrait mieux tout abattre qu'on sache à quelle date on pourrait reprendre la production." Des mots salués par Pierre Mallet, élu d'opposition et éleveur à Benquet, qui craint "des dégâts collatéraux qu'on ne mesure pas encore".

Ce même 13 février, le Département des Landes a voté 1 M€ de crédits d'urgence. Sur la question des indemnisations annoncées par le ministère de l'Agriculture le mois dernier, les aides devraient arriver fin mars, début avril. Les éleveurs de canards du Sud-Ouest pénalisés par la grippe aviaire seront indemnisés en fonction du nombre de canards perdus.

Des pertes financières estimées à 210 M€

Au niveau national, le Cifog estime les pertes immédiates à plus de 210 M€ auxquelles s'ajoutent les coûts d'investissement et de mise en œuvre des nouvelles règles de production qui auront un impact majeur sur les volumes disponibles. Il le rappelle dans un communiqué du 16 février dernier : "Avec un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros, la filière du foie gras joue un rôle majeur dans l'économie française et participe aux rayonnement culturel et gastronomique de l'Hexagone dans le monde." Le Cifog propose donc d'ores et déjà de nouvelles règles de production pour se prémunir des épizooties.

Quelles mesures après la crise ?

Le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras préconise notamment la mise en place d'un système d'alerte sanitaire par les vétérinaires sous l'autorité des pouvoirs publics pour ne pas prendre de retard dans l'information d'un éventuel cas, la mise en place de nouvelles règles de protection des élevages pendant la migration des oiseaux sauvages entre le 15 novembre et le 15 janvier, la sécurisation des étapes de transport ou encore la professionnalisation de l'activité des intervenants extérieurs.

Pour la Confédération paysanne, "il faut de toute urgence limiter les transports d'animaux vivants, cause structurelle de la diffusion du virus, encourager les systèmes autarciques et relocaliser les outils de transformation."

Si la France est bel et bien touchée par le virus H5N8, elle n'est toutefois pas la seule. Plus de 1.000 foyers ont été déclarés dans l'ensemble des pays européens. En Hongrie et en Bulgarie, la production et l'exportation de foie gras sont presque totalement à l'arrêt.

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Commentaires
a écrit le 22/02/2017 à 22:09 :
@BONSOIR ; d'après des renseignements confidentiels obtenus auprès de sources bien informées la maladie des canards provient soit du DIESEL ou de la RUSSIE !
a écrit le 21/02/2017 à 16:23 :
Le seul canard qui nous restera sera le canard enchaîné...Immanquable celle-là !
a écrit le 21/02/2017 à 16:23 :
A cause d'un non respect des regles de précaution ( ce que certains aimeraient supprimer d'ailleurs comme les normes ) tout le monde trinque, quel gâchi :

Il faut retracer la chronologie. Tout commence le samedi 26 novembre dans le Tarn, à Almeyrac, une commune de 282 habitants. Ce jour-là, un éleveur constate un taux de mortalité inhabituel chez ses canards. Il prévient aussitôt son vétérinaire. Le lundi, la direction départementale des services vétérinaires (DSV) effectue les premiers prélèvements. Le jeudi, les résultats définitifs confirment qu’il s’agit bien d’un virus de grippe aviaire de type H5N8.Mais la veille, un autre éleveur, rattaché à la coopérative Vivadour, dont l’exploitation est située à moins d’un kilomètre du foyer initial, a livré dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et le Lot-et-Garonne des milliers de canards prêts à gaverPour Philippe Martin, député PS du Gers et président du conseil départemental, « la marchandise n’aurait jamais dû quitter l’élevage du Tarn ». « Le principe de précaution aurait dû être appliqué en attente des résultats. Comment se fait-il qu’un groupement coopératif ait pris le risque de faire partir la production, alors qu’à 800 mètres il y avait une suspicion grave ? Pourquoi les services de l’Etat n’ont pas fait jouer le principe de précaution ? »
Malgré plusieurs sollicitations, Vivadour a refusé de répondre à la question. « Ils m’ont dit que l’éleveur n’était pas au courant que son voisin avait une suspicion de contamination », rapporte toutefois M. Labenelle. L’éleveur du foyer initial affirme pourtant le contraire : « J’ai prévenu tous mes voisins dès la suspicion », assène-t-il, coupant court à la conversation. Pour démêler le vrai du faux, le ministère de l’agriculture a demandé une enquête à la direction générale de l’alimentation (DGAL).
a écrit le 21/02/2017 à 15:27 :
Éradication des petites exploitations au profit des grands groupes donc.

Hé oui il était quand même dommage que tant de petits producteurs piquent de la marge bénéficiaire aux actionnaires milliardaires hein.

Ces abattages massifs sont honteux.

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