Sortie des pesticides : le vin de Bordeaux a un plan

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La sortie se précise... Région, Etat, interprofession, chambres d'agriculture viennent de signer le Plan pour accélérer la réduction de l'usage des pesticides de la viticulture de la Nouvelle-Aquitaine
La sortie se précise... Région, Etat, interprofession, chambres d'agriculture viennent de signer le "Plan pour accélérer la réduction de l'usage des pesticides" de la viticulture de la Nouvelle-Aquitaine (Crédits : Pascal Rabiller)
C’est signé. Le Conseil régional, la Préfecture de région, l’État, les chambres d’agriculture et le Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux se sont accordés sur le “Plan pour accélérer la réduction de l’usage des pesticides”. Ce n’est pas encore la sortie, mais cela indique au moins la direction à prendre.

Fin avril, Bernard Farges avait annoncé la couleur : le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, interprofession qu'il préside encore jusqu'au 11 juillet, date de la fin de son mandat de deux ans, a bien l'intention de montrer la direction de la sortie aux pesticides, pourtant souvent jugés indispensables dans la protection parasitaire de la vigne, et donc dans l'élaboration du vin.

Il vient de joindre le geste à la parole en co-signant, avec le Conseil régional, la Préfecture de région, l'Etat, les chambres d'agriculture, dans le cadre du salon Tech & Bio qui se déroule au Lycée agricole de Libourne - Montagne (Gironde), le " Plan pour accélérer la réduction de l'usage des pesticides"  qui, en fait, est une convention, liant les signataires.

Observatoire du vignoble bordelais et parcelles "tests" non traitées

Celle-ci est sensée tracer le chemin à suivre pour répondre, au plus vite, aux objectifs  de réduction de 25 % de l'usage des pesticides à 2020 et de 50 % à 2050 du plan national Écophyto 2 (les objectifs de Écophyto 1, à savoir une réduction de 50 % à l'horizon 2008, n'ont pas été atteints, NDLR) le tout en préservant la performance économique et sociale des exploitations. 13.000 exploitations viticoles sont recensées en Nouvelle-Aquitaine. 3,8 Md€ de chiffre d'affaires est réalisé par les vins de Bordeaux, 2,4 Md€ de CA pour Cognac.

Le plan signé hier dégage 4 axes prioritaires de travail :

  • La surveillance de l'évolution des pratiques et de l'exposition des populations aux pesticides.
  • La généralisation des bonnes pratiques,
  • Le financement de l'innovation en matière d'agroéquipements et nouvelles technologies,
  • L'anticipation via la recherche de solutions alternatives aux pesticides.

A l'image de ce qui se fait dans d'autres appellations, un observatoire du vignoble bordelais va voir le jour. Il va centraliser les données recueillies, mettre en place un réseau de parcelles "tests" qui ne connaîtront aucun traitement.

Living Lab, laboratoire d'innovations

Les bonnes pratiques des viticulteurs innovants,  bio, ou encore ceux de l'agroécologie et du réseau de 1.900 fermes "Dephy" qui a réduit d'environ 20 % les quantités de pesticides sans nuire aux rendements, vont être communiquées à l'ensemble de la viticulture va des ateliers d'échanges.

Pour accompagner la recherche sur les solutions alternatives, un living lab associant l'Inra, l'Institut de la vigne et du vin (ISVV), le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, le cluster Inno'Vin, le Vinopôle, la Région ou encore la MSA, va être créé. Il sera centré sur la réduction des pesticides et associera les opérateurs privés et publics. Il assurera aussi le transfert des connaissances et des technologies vers la filière.

A ce jour, aucun "Graal" chiffré n'a été annoncé, ni aucune date, concernant cette sortie des pesticides, mais le viticulteur Bernard Farges, premier président de l'interprofession bordelaise à s'être clairement exprimé sur la question, maintien sa prise de position d'avril dernier.

"Cela prendra du temps, nous ne pouvons raisonnablement  pas répondre à ceux qui demandent l'arrêt immédiat  des pesticides, mais grâce à la recherche, aux cépages résistants, aux bonnes pratiques, à l'émergence de  produits alternatifs et à l'innovation dans le matériel agricole, nous y arriverons, j'y crois"; déclarait-il au moment de signer la convention.

Une convention dont l'application nécessitera des budgets qui n'ont pas été précisés. Difficile en effet de quantifier les besoins à ce jour mais ce que l'on sait, c'est que chacun des cosignataires mettra au pot, tout comme l'Europe, via les fonds Feader.

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a écrit le 07/07/2016 à 21:17 :
Nombreux sont ceux qui y arrivent déjà, il est politique le discours de Bernard Farges mais bon il est évident que c'est le bordelais, le vin étant l'affaire d'hommes d'affaires et non de passionnés.

Alors qu'il n'y a pas photo moins le vin est trafiqué et meilleur il est et avec la multiplication des vins bio et naturel quand en comparaison on passe à des vins comme les côtes du rhône, on comprend que ce sera la dernière région à abandonner les produits chimiques et c'est pas sûr parce qu'ils y sont très attachés.

Je suis impressionné par le CA de Cognac je pensais la région sinistrée pour longtemps car depuis longtemps il faut croire que la vente de se produit est repartie.
Réponse de le 23/07/2016 à 15:12 :
@Citoyen blasé "moins le vin est trafiqué, meilleur il est" : effectivement, le vinaigre, c'est délicieux!
Citez moi un vigneron en France qui n'utilise aucun pesticide... Bio, biodynamiste et naturels utilisent tous au moins du coivre et/ou du souffre qui, on a tendance à l'oublier, sont des pesticides...
A l'heure actuelle, seuls l'utilisation de cépages résistants permettrait de réduire considérablement notre consommation de produits phytosanitaire en viticulture. Malheureusement, ce n'est pour le moment pas encore LA solution à long terme : http://www.bordeaux-aquitaine.inra.fr/Toutes-les-actualites/Les-genes-de-resistances-sont-rarement-eternels

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