Le vin de Bordeaux veut “pulvériser” l’usage des pesticides

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La prise de position en faveur d'une sortie de l'usage des pesticides était un des actes forts du président Bernard Farges, à l'occasion de la dernière assemblée générale de l'interprofession viticole de Bordeaux.
La prise de position en faveur d'une sortie de l'usage des pesticides était un des actes forts du président Bernard Farges, à l'occasion de la dernière assemblée générale de l'interprofession viticole de Bordeaux. (Crédits : Objectif Aquitaine)
Changement de cap ? Non, suite logique, assure son président Bernard Farges. Quoi qu’il en soit, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux s’engage clairement au niveau du discours dans une sortie de l’usage des pesticides.

La dernière assemblée générale du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a été l'occasion pour son président, le viticulteur Bernard Farges, dans son discours introductif, d'envoyer le message le plus clair jamais prononcé au nom de la filière vin bordelaise sur l'usage des pesticides.
Rappelant que la réduction de l'usage des pesticides et la limitation de leurs effets figurent depuis longtemps au programme de la filière et stigmatisant, au passage, des "reportages à charge, à la rigueur journalistique contestable mais jamais officiellement contestée", Bernard Farges a néanmoins assuré que l'objectif de la diminution voire de la sortie des pesticides figurent au programme du CIVB.

"Nous n'en sortirons pas en quelques semaines, ni avec des mesures simplistes, mais avec des choix, des engagements, des investissements à court, à moyen et à long terme de l'ensemble de la filière", souligne le président du CIVB.

A court terme, celui qui montre du doigt "l'inconscience de certains d'entre nous qui traitent massivement près d'une école, ou se préoccupent peu du voisinage" affirme également :

"Nous avons le devoir d'être exemplaires sur nos comportements près des lieux de vie. Nous devons redoubler de vigilance et nous rapprocher de nos voisins pour échanger, parler et mieux nous comprendre."

Fin des crispations sur la question ?

Simple effet d'annonce ? Sans doute pas car le contexte a changé. Considéré de plus en plus comme une bombe sanitaire à retardement, l'usage des pesticides fait l'objet de plus en plus d'attention. De la part des consommateurs, un peu, éclairés qu'ils sont par des médias, mais aussi de certaines associations qui estiment légitime de mettre en corrélation pesticides et problèmes de santé d'utilisateurs ou de riverains. L'Etat lui-même, qui ne peut que constater l'échec du plan écophyto de 2007 qui visait en vain, on le sait maintenant, une division par deux des usages à l'horizon 2018, se positionne. C'est le cas en Gironde par exemple, avec la Préfecture qui, suite à une consultation publique lancée le 17 mars dernier, vient de signer un arrêté très contraignant concernant l'épandage de produits phyto.
Le changement de position du CIVB sur la question est assez radical. Bernard Farges s'en défend, préférant parler d'une position qui s'appuie sur un travail de fond et des efforts dans ce domaine d'une viticulture bordelaise "qui peut sans crainte être comparée avec d'autres..."
Représentant d'une certaine jeune génération de viticulteurs, entouré d'une équipe rajeunie au sein de l'interprofession, Bernard Farges tranche nettement en sortant de l'attitude souvent crispée, par le passé, de la filière viticole sur cette question.
Le CIVB sera jugé sur ses actes, c'est certain, mais en matière de prise de position, son président, qui a fait du "Bordeaux Bashing," son autre cheval de bataille, sait qu'il existe des passerelles entre les deux problématiques. Lui et la profession ont l'occasion de faire d'une pierre deux coups.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2016 à 12:18 :
hyp hyp hyp Hourra! cela fait vraiment plaisir à entendre!!! Pour aller plus loin avec nos amis vignerons, on ne peut que les inviter à aller voir le travail de Konrad schneider, agronome, qui parle de la problématique vigne!!! Un grand vent de remise en question souffle!!! J'entends déjà les sceptiques crier "c'est pas possible" "on peut pas" mais ils commencent à se faire plus rares et moins virulents!

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