A Bordeaux, les viticulteurs du Blayais trinquent

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Mikaël Rouyer servi par Alexia Eymas (Château Maison Neuve) au Bouchon Bordelais
Mikaël Rouyer servi par Alexia Eymas (Château Maison Neuve) au Bouchon Bordelais (Crédits : J. Philippe Déjean)
Les vignerons de Blaye (Gironde) achèvent ce vendredi 5 février leur opération "Blaye au comptoir" à Bordeaux. Une manifestation qui permet aux viticulteurs de faire goûter leurs vins et de les vendre au prix propriété.


L'an prochain, les vignerons de Blaye Côtes de Bordeaux organiseront la 10ème édition de la manifestation de "Blaye au comptoir" à Bordeaux. Pendant deux jours ces producteurs viennent faire découvrir leur vin aux Bordelais dans les restaurants, les bars à vin et chez les cavistes. Cette année la manifestation à Bordeaux s'achève ce vendredi 5 février.

"Nous étions présents dans une cinquantaine de restaurants mais aussi chez six ou sept cavistes et autant de bars à vin" observe Mickaël Rouyer, directeur de la Maison du vin de Blaye.

Cette opération de sensibilisation au vin de Blaye a en réalité commencé à Paris, il y a beaucoup plus longtemps, puisque l'équipe à fêté la 20ème édition de "Blaye au comptoir" à Paris en novembre 2015.

"Pour le 10ème anniversaire à Bordeaux nous ferons sûrement comme à Paris, où, pour la 20ème édition, nous avons loué un bus de la RATP que nous avons mis aux couleurs de notre appellation, aménagé en espace pédagogique et préparé pour y organiser des séquences de dégustation" rappelle le directeur.

Blaye, "de l'autre côté"

L'appellation Blaye Côtes de Bordeaux produit une moyenne de 250.000 hectolitres de vin par an, sur 6.500 hectares, essentiellement en rouge (95 %), le solde étant du blanc.

"A Blaye on produit et on vend autant que dans le Médoc (une des huit appellations viticoles de la presqu'île du Médoc -avec Haut-Médoc, Saint-Estèphe, Pauillac, Margaux, etc.- Ndlr). J'ai travaillé dans le Médoc, à Pauillac, c'est également au nord et quasiment aussi loin de Bordeaux que Blaye. Mais on me fait souvent remarquer à Bordeaux que Blaye ce n'est pas tout à fait pareil, parce que c'est de l'autre côté : sur la rive droite...", s'amuse Mikaël Rouyer, qui a un peu de mal à suivre cette obsession insulaire des Bordelais pour la "rive droite".

Un complément circonstanciel de lieu que l'on pourrait traduire par "ce qui est de l'autre côté" et qui renvoie sans doute Garonne et estuaire à leur ancienne appellation gasconne de "mar" (mer).

Caler Bruxelles en juin

Les vigneronnes et vignerons de Blaye, qui ont commencé à Paris avant de se lancer à Bordeaux, pensent aujourd'hui étendre leur influence en Belgique. Ce pays est un marché clé pour l'appellation de Blaye (et plus largement des bordeaux) et Mikaël Rouyer fait le point sur cette nouvelle option.

"Nous commençons à démarcher des établissements de Bruxelles et nous sommes prêts à y aller, même si nous n'avons que dix viticulteurs. En Belgique c'est un peu plus compliqué qu'ici puisque nous vendons au prix propriété et que là-bas, avant d'arriver au patron d'un restaurant ou d'un bar à vins, nous avons souvent affaire à l'importateur ou au distributeur" explique Mikaël Rouyer.

Les Blaye s'échangent en moyenne entre 5 et 15 € la bouteille, une fourchette qui fonctionne bien à la vente. Que ce soit à Paris ou à Bordeaux ces opérations de deux jours coûtent 20.000 € à l'appellation, tandis que les retombées, si elles ne sont pas toujours faciles à évaluer, convainquent depuis longtemps les vignerons de jouer le jeu. Novembre à Paris, février à Bordeaux : en 2016 ou 2017 Blaye veut inscrire Bruxelles en juin à son calendrier. Les Blayais devraient débourser 10.000 € pour voir s'ouvrir les portes de la capitale belge.

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