A Bordeaux InVivo parle aux coopérateurs du vin

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InVivo s'intéresse à tous les vins de France.
InVivo s'intéresse à tous les vins de France. (Crédits : CIVS)
InVivo discute ce vendredi après-midi avec les représentants de toutes les coopératives vinicoles d’Aquitaine. Objectif : pousser les ventes de vin à l’export.

InVivo, premier groupe coopératif agricole français, dont les adhérents ne sont pas des agriculteurs mais des coopératives agricoles, au nombre de 223, s'est déplacé aujourd'hui à Bordeaux où il est venu au contact de ses adhérents aquitains. Le groupe InVivo, qui emploie 8.800 salariés dans 28 pays, pour un chiffre d'affaires de 5,6 Md€, est présidé par Philippe Mangin. Il était représenté ce vendredi matin par son vice-président, Michel Prugue, président du groupe coopératif Maïsadour, à Haut-Mauco (Landes), et par son directeur général Thierry Blandinières, ex-DG de Maïsadour et ex-président de sa filiale Delpeyrat, qui a rejoint In Vivo fin 2013.

"Nos adhérents sont des coopératives agricoles, mais toutes ces coopératives ne sont pas adhérentes d'InVivo. Ce qui est le cas du groupe coopératif Euralis, à Pau. Mais c'est une décision qui remonte à loin. Les portes d'InVivo lui seront toujours ouvertes", a précisé Michel Prugue.

Toutes les coopés à Bordeaux

InVivo fait chaque année la tournée de ses adhérents en région avant son assemblée générale annuelle à Paris. Mais en plus d'assurer ce contact, le staff itinérant d'InVivo a cet après-midi rendez-vous avec tous les représentants des coopératives vinicoles d'Aquitaine. Thierry Blandinières est ainsi revenu sur la prise de contrôle par InVivo du négociant bordelais Cordier Mestrezat, à hauteur de 78 % début juin, de conserve avec le groupe coopératif vitivinicole Vinadeis (ex-Val d'Orbieu -à Narbonne), mais aussi des Vignobles du Soleil, le tout moyennant 50 M€ d'investissement, et la création d'InVivo Wine, nouvelle branche du groupe. InVivo veut doubler son chiffre d'affaires d'ici 2025, dans tous ses secteurs d'activité, et le vin est pour Thierry Blandinières une des occasions à saisir.

Producta Vignobles intéressé

"InVivo, qui est au départ un groupe coopératif céréalier, s'intéresse à la vigne depuis trois mois. Nous avons tenu notre première réunion à ce sujet à Narbonne. Le monde coopératif vinicole est très atomisé et si nous avons commencé par Narbonne, c'est que sur 635 coopératives viticoles en France 250 se trouvent en Languedoc-Roussillon, justifie Thierry Blandinières. L'idée, poursuit-il, est de proposer aux coopératives vinicoles de toute la France de nous rejoindre pour pousser leurs ventes à l'export, domaine où elles rencontrent des difficultés. Il ne s'agit pas de les forcer à quoi que ce soit, mais de susciter leur intérêt."

Mais il n'y a pas que les Languedociens pour s'intéresser à ce projet et en Gironde, le groupe Terre de Vignerons (14 caves coopératives, 820.000 hectolitres de vin), à Landerrouat (Gironde), n'a pas caché son intérêt.

Un engagement pluriannuel

Si officiellement rien n'est encore calé, la stratégie consisterait pour In Vivo à disposer de 15 à 20 % de la production annuelle de vin en vrac des nouveaux adhérents. Schématiquement, Thierry Blandinières aimerait pouvoir fédérer une douzaine de grandes caves viticoles capable d'amener chacune 100.000 hectos. Même si c'est hypothétique, le ticket d'entrée à In Vivo Wine pourrait prendre la forme d'un prélèvement de 1 à 2 € par hecto. In Vivo Wine contrôlera la commercialisation, via ses maisons de négoce.

"Les caves qui viennent prennent des parts sociales. C'est un engagement pluriannuel et structurant, nous ne sommes pas là pour faire la course. Il va falloir élaborer des cahiers des charges différents en fonction des structures", annonce le directeur général.

Une marque, un cépage, une qualité

Thierry Blandinières est notamment frappé par le fait qu'aux Etats-Unis les vins français ont quasiment disparu des étals ou plutôt qu'ils ont été rétrogradés de la première à la cinquième place, et qu'ils ne subsistent là-bas que par le biais des grands crus et des gammes premium.

"Dans ce pays les consommateurs veulent une marque, un cépage et une qualité constante. C'est l'une des offres que nous devons être capables de leur faire. Pour InVivo Wine, les Etats-Unis sont la cible prioritaire. Nous pourrions ainsi produire un Cordier Bordeaux Malbec, illustre Thierry Blandinières. Mestrezat, poursuit-il, restera attaché à l'univers des grands crus et nous sommes prêts à ouvrir le capital."

Pas question pour le constructeur d'In Vivo Wine de démarrer sur le marché international à moins de 1 Md€ de chiffre d'affaires, le minimum selon lui pour être crédible.

Un mix stratégique global et local

L'autre virage radical entamé par Thierry Blandinières consiste à propulser InVivo dans l'univers du commerce alimentaire à partir de la marque "Frais d'ici" déjà testée par le groupe.

"Nous sommes en train d'ouvrir des magasins pilotes pour organiser le modèle économique de cette nouvelle activité. L'idée c'est de booster la production locale en suivant l'exemple des "locavores". Nous nous appuyons sur les jardineries Gamm Vert, qui disposent d'assez de place pour cette activité de vente. Nous recherchons un emplacement pour ouvrir un magasin à Bordeaux d'ici 2016. Le quartier des Bassins à flot pourrait nous intéresser", déroule le directeur général.

Le magasin ouvert près de Toulouse s'approvisionne ainsi à 50 % dans le Grand Toulouse, pour un total de 75 % dans le Grand Sud-Ouest, les fruits exotiques (oranges, bananes...) venant de coopératives de Guadeloupe, mais aussi du Maroc et d'Espagne.

"Ce sont des magasins citoyens, pas engagés. Il y a du bio mais pas que du bio. Les coopérateurs viennent témoigner de leur activité. Le magasin ouvert à Dijon démarre très bien, et l'enseigne Frais d'ici est en test à Auch (Gers)", observe le directeur général. InVivo poursuit trois enjeux : être une tête de pont de l'agriculture française dans le monde, investir dans les métiers d'avenir pour l'agriculture (produire plus et mieux), assurer de nouveaux débouchés dans le monde à l'agriculture française tout en développant le commerce local, de proximité.

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