Paris : au Salon des outsiders, les idées reçues sur les bordeaux vont déguster !

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Jean-Marc Quarin (au centre de la photo), lors de la 1ère édition du Salon des outsiders.
Jean-Marc Quarin (au centre de la photo), lors de la 1ère édition du Salon des outsiders. (Crédits : D.R)
Connu pour son franc-parler et respecté pour ses qualités de dégustateur, le Bordelais Jean-Marc Quarin est à l’initiative du Salon des outsiders, qui aura lieu à Paris les 21 et 22 novembre au 8 Valois (8, rue de Valois). Un salon qui veut balayer les idées reçues sur les vins de Bordeaux et privilégier le goût à l’étiquette.

Jean-Marc Quarin est un dégustateur de vins et un critique indépendant qui se plaît à rappeler au long de ses chroniques sur son site Internet et dans son ouvrage (Guide Quarin des vins de Bordeaux) que :

"Bordeaux recèle de producteurs qui font un travail remarquable et vendent des vins excellents en goût, financièrement accessibles... mais manquant de visibilité, occultés qu'ils sont par la communication massive des grands crus classés qui renvoient au monde, certes, une image d'excellence, mais une image de luxe d'une production inaccessible au consommateur de vin."

Alors il a imaginé, avec l'aide de Fabrice Léger (Open Vineyard), un événement taillé pour trente de ces "outsiders" qu'on retrouve dans son guide. Le Salon des outsiders a un slogan qui résume la philosophie de l'évènement : "l'unique salon des vins de Bordeaux dont le goût est supérieur à ce que l'étiquette laisse paraître". Cela ressemble à une provocation, mais Jean-Marc Quarin s'en défend.

"Je ne cherche pas à choquer, à irriter, dans le monde du vin. Je suis à la recherche de la vérité, de la justice. Ce salon rend justice à ceux qui travaillent pour la qualité."

Les Outsiders du bordeaux, pour le dégustateur, "ce sont ces propriétaires qui sont dans une démarche de progrès".

Des crus classés ne se voient pas en "outsiders"

Sélectionnés par Jean-Marc Quarin, les propriétaires acceptent ou non de participer au salon.

"Certains outsiders signalés dans mon guide et donc contactés, ne peuvent en être car économiquement, leur situation est tendue et que cela représente un investissement. D'autres refusent d'en être, surtout des crus classés, parce qu'ils estiment sans doute que la mention outsiders est dévalorisante... Je pense surtout que ceux-là se trompent de stratégie commerciale. Ils ont axé la promotion de leur production sur une dimension sociale alors que les outsiders qui répondent présents ont axé leur communication sur le goût. Et ce salon, c'est avant tout celui du goût !"

Du goût et de la découverte d'une "autre image" de Bordeaux. La scénographie du salon est pensée pour que chaque visiteur puisse tout goûter en respectant une logique.

"C'est le bon sens qui guide le visiteur. Nous lui proposons les blancs liquoreux, puis les blancs secs et enfin les rouges, rive droite, au Merlot plus facile et enfin rive gauche de Bordeaux et son cabernet plus difficile d'accès. Finalement, le cheminement du salon respecte le cheminement dans la découverte des vins de tout amateur pendant un repas. De l'apéritif jusqu'au fromage !", explique Jean-Marc Quarin, qui précise que cette mise en scène est surtout l'occasion de faire tomber des idées reçues.

Rive gauche, rive droite, les deux vraies grandes familles des bordeaux

"Nous prouvons avec la sélection des outsiders, que les bons bordeaux ne sont pas onéreux. Nous montrons aussi avec ce salon que les bordeaux ne sont pas aussi compliqués à aborder que ce que l'on dit. Il existe, non pas des multitudes de bordeaux, mais deux grandes familles de bordeaux : la rive droite et la rive gauche. En sortant du salon, le visiteur doit avoir une vision plus simple de la production bordelaise. Ce salon, au travers de ses ateliers, c'est un outil de formation, un centre de réflexion sur qui progresse à Bordeaux et pourquoi ?"

Evénement privé, ce Salon des outsiders n'est bien sûr pas, pour ses organisateurs, une opération philanthropique. Son format n'en fera pas une cash machine.

"Avec 30 exposants, nous ne gagnerons pas d'argent en organisant ce salon, assure Jean-Marc Quarin, mais il permet à ces outsiders de rencontrer les consommateurs, les restaurateurs, cavistes... Il leur permet aussi de montrer qu'ils ont leur place sur les cartes des grands restaurants tout en proposant des prix raisonnables."

La télévision... chinoise est au rendez-vous

La première édition, en 2013, avait enregistré 600 visiteurs payants sur un jour seulement. Cette année, le Salon des outsiders démarre le vendredi de 15 h à 22 h pour s'achever le samedi entre 10 h 30 et 19 h 30. Un salon des outsiders est en préparation en Suisse.
Et comme, à ce jour, la seule chaîne de télévision qui a souhaité couvrir le salon est la chinoise Phoenix TV  (300 millions de téléspectateurs, diffusion dans 150 pays), il ne serait pas surprenant qu'un jour le salon prenne la direction de l'Empire du milieu où entre les très bas prix et les bordeaux de luxe, les consommateurs ne connaissent pas les outsiders chers à Jean-Marc Quarin, ces bordeaux du juste milieu...

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Commentaires
a écrit le 29/10/2014 à 16:11 :
On regrette que ne soient mentionnés ni le coût pour l'exposant, ni le prix d'entrée pour le visiteur, ni la liste des exposants.

Pourriez-vous indiquer tout cela ?

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